Grand Paris, régions : le comité Balladur dans la bonne direction

Le comité pour la réforme des collectivités locales – dit comité Balladur- vient de remettre ses conclusions. Il dessine une nouvelle France où les régions se renforcent, les départements s’estompent et Paris se transforme. Des pistes intéressantes.

J’ai été agréablement surpris par le résultat des travaux du comité Balladur. Car au-delà des propositions précises concernant telle ou telle région, l’orientation générale qui semble se dessiner correspond à l’évolution nécessaire de nos territoires :

– Les régions sortent renforcées. D’abord par la réduction de leur nombre – de 22 à 15. Mais aussi par le regroupement progressif à leur niveau des compétences des départements. Ceux-ci s’estompent de l’organisation administrative du pays et permettent de la simplifier. L’élection des conseillers généraux sur la base des cantons disparait, signant la fin de territoires qui ne signifiaient plus rien pour la plupart des français.

– 15 grandes métropoles sont reconnues en tant que pôles moteurs dans l’aménagement du territoire. La valorisation de ces métropoles doit rééquilibrer cet aménagement en renforçant les pôles régionaux face à l’Ile-de-France.

– Le schéma proposé pour Paris ( fusion avec les 3 départements limitrophes en un grand Paris aux larges compétences sur les transports, le logement, l’urbanisme) doit être précisé et affiné, mais il a le mérite de tirer les leçons de l’étroitesse des limites de la Ville de Paris et parait plus cohérent que l’actuel « Paris métropole ».

C’est aussi une nouvelle orientation de notre démocratie qu’on peut lire à travers ces projets. Car en renonçant à l’élection au scrutin uninominal des conseillers généraux au profit d’une élection de conseillers territoriaux au scrutin de liste, le comité Balladur porte un coup à la bipolarisation de notre vie politique. Il renforce la représentation proportionnelle, qui ne restera exclue que de l’élection des députés. Cette évolution aussi doit être saluée.

Reste à savoir quel sera l’avenir des propositions du comité Balladur. Déjà, les conservatismes de droite et de gauche font front. Entre ceux qui ne veulent pas perdre leur mandat électif et ceux qui ne veulent rien changer à notre système de représentation politique, la réforme peut rester lettre morte.

Le débat doit s’ouvrir. La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a pris acte des avancées proposées. Il s’agit maintenant de débattre des modalités et des zones d’ombre. La France va-t-elle enfin être capable de transformer durablement son organisation territoriale et son système politique ?

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