Mars-Avril 2016

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Édito

La santé n’échappe pas à l’accélération du temps politique. Les mutations technologiques, les enjeux environnementaux et sociaux, les transformations de l’économie et des gouvernances politiques conjuguent leurs effets : on ne peut concevoir la santé publique au 21e siècle comme la poursuite, en l’améliorant, des bases que nous connaissions à la fin des années 90.

Car il ne s’agit plus seulement d’optimiser un système de soins ; c’est sa transformation profonde et son dépassement qui sont en cours.

L’hôpital, vaisseau amiral du système de soins, est interrogé sur ses contours, son amont et son aval, et le virage ambulatoire en cours rend urgentes les réponses insuffisamment développées sur son articulation avec les territoires qui l’entourent et le système sanitaire et médico-social de ville.

Le retour en force de problématiques de santé environnementale vient nous rappeler ce que les progrès techniques masquaient : la santé est avant tout la résultante de déterminants multiples, et le système de soins se résumera de moins en moins à des politiques de réparation.

Le temps est venu de traduire en actes les discours sur l’importance de la prévention et de l’éducation à la santé et d’investir fortement dans ces directions. A cet égard, la loi Santé adoptée par le parlement ouvre des perspectives intéressantes.

Demain, les progrès pour la santé humaine viendront plus d’une meilleure maitrise de nos conditions de vie, de l’urbanisme, de l’environnement, de mobilités plus actives que de découvertes thérapeutiques majeures.

Mais ces progrès posent plus que jamais la question des inégalités de santé. Nulle spontanéité ne les mène à se réduire, au contraire. L’accès aux stratégies de prévention implique de réduire  des freins culturels et sociaux aussi puissants que les freins économiques de l’accès aux soins. Ce sont de nouveaux défis qui s’ajoutent aux précédents et se cumulent.

Les collectivités locales s’emparent de la santé publique et c’est heureux. En rapprochant ces questions de nos concitoyens, c’est leur appropriation qui croit et permet de porter plus fortement les questions de santé dans les sphères de gouvernance. Vienne le temps où la santé ne sera plus une variable d’ajustement mais où elle deviendra un déterminant des politiques publiques ! Le bien-être de nos habitants y aura gagné.

Il nous faut donc parler de santé, en poser et en expliciter les enjeux, en montrer les implications sociales et sociétales, en partager l’enjeu démocratique. C’est sur ces idées que cette lettre souhaite apporter sa contribution aux débats.

C’est un enjeu pour mieux vivre, un enjeu pour notre démocratie, un enjeu d’égalité.

Bernard Jomier

75La part des Français qui estiment que les questions de santé et d’assurance maladie sont « rarement » ou « jamais » évoquées lors des débats politiques et électoraux, selon un sondage Odoxa publié ce lundi 7 mars.

 

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Objectif: Paris sans sida!

Les préconisations du rapport «Vers Paris sans sida», rédigé par l’épidémiologiste France Lert et présenté à la Maire de Paris le 1er février 2016, connaissent leurs premières traductions concrètes. La composition du Comité stratégique Paris sans sida,  co-présidé par Bernard Jomier, sera annoncée au cours du printemps. Un coordinateur sera prochainement nommé. La création d’un fonds dédié est en cours. Paris a en outre déposé un projet de communication en vue du Congrès mondial du Sida, organisé en 2016 au mois de juillet, à Durban.

Rappel : la déclaration de Paris de Décembre 2014

Retrouver le rapport sur le site de la Ville de Paris

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Paris sans Sida

Économiste de formation, chercheuse émérite à l’INSERM, France Lert a d’abord œuvré dans le domaine de l’épidémiologie de la tuberculose puis sur la problématique des risques du travail, en particulier s’agissant des conditions de travail des personnels soignants confrontés au sida. Elle s’est ensuite concentrée principalement sur l’évaluation des stratégies à destination de groupes cibles (jeunes, usagers de drogue, personnes atteintes) et aux comportements de ces derniers. Ce faisant, elle a participé à l’inflexion progressive de la recherche vers les déterminants sociaux de la santé. Cela l’a notamment conduite à définir le programme d’une unité que l’Inserm allait consacrer à ces problématiques, unité dont elle a assuré la direction de 2005 à 2014.

 

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Loi Santé : entre réelles avancées et vraies hésitations

Au-delà du tiers payant, sur lequel l’attention publique s’est largement concentrée, la loi santé telle qu’elle a été promulguée comprend de nombreux autres points qui méritent tout autant que l’on si arrête, en ce qu’ils enclenchent le mouvement vers des politiques de santé publique privilégiant la prévention, la promotion et l’appropriation de la santé. Lire la suite…

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Virage ambulatoire : Le Conseil de surveillance de l’AP-HP va créer un groupe de travail

Entamé depuis plusieurs années, le virage ambulatoire n’a pas fini de produire ses effets. C’est même le plus important qui s’annonce. Car jusqu’ici, les raccourcissements des séjours hospitaliers ont été menés sans redéfinition conséquente des articulations entre l’hôpital et le système de soins primaires. Poursuivre le virage ambulatoire impose maintenant de modifier l’organisation de notre système de santé : Lire la suite…

Mode d'emploi

La création de la SCMR validée par le Conseil constitutionnel

« Les articles 41 et 43 [de la loi de modernisation du système de santé] qui donnent un cadre législatif à la politique de réduction des risques pour les consommateurs de drogues et instituent, à titre expérimental, des salles de consommation des drogues à moindre risque » ont été jugés conformes à la Constitution par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2015-727 DC du 21 janvier 2016. La création d’un tel dispositif à Paris a ainsi vu son principe définitivement validé. Les travaux préparatoires à son ouverture se poursuivent donc. L’ouverture de la SCMR est prévue à la rentrée 2016 ; elle sera implantée dans le 10ème arrondissement de Paris.

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La Ville de Paris lance une commission sur la e-santé

Cette décision fait notamment suite à l’adoption d’une délibération du Conseil de Paris sur la mise en œuvre d’un plan “smart santé » à Paris, proposée par le Dr François Haab et le groupe UDI/ Modem. Cette commission devrait en particulier s’intéresser aux dispositifs et aux initiatives qui existent aujourd’hui en la matière sur le territoire parisien, et réfléchir à une meilleure articulation de ces derniers avec les politiques de santé de la Ville.

Pollution LCI

Paris, ville résiliente

Alors que les études se multiplient sur les conséquences sanitaires du changement climatique, comme ici en matière nutritionnelle, certaines permettent de mettre en avant les politiques publiques les plus efficaces en matière de résilience. Selon l’University College of London, c’est ainsi Paris qui en est la championne mondiale, parmi une dizaine de mégalopoles.

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Samedi qui sauve, première édition : les inscriptions sont ouvertes

Le samedi 26 mars aura lieu la première édition du Samedi qui sauve, durant lequel les Parisiens pourront s’initier gratuitement aux gestes qui sauvent dans les Mairies d’arrondissement (inscription nécessaire) et rencontrer les équipes de secours ou donner leur sang sur le Parvis de l’Hôtel de Ville. Informations et inscriptions sur Paris.fr.

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