Automne 2016

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Édito

Prendre soin de tous

Effective depuis maintenant un peu plus d’un mois, l’ouverture à Paris de la 1ère salle de consommation à moindre risque (SCMR) de France porte plusieurs messages.

D’abord, celui de la poursuite de la politique de réduction des risques en direction des usagers de drogue. Mise en œuvre à travers différentes mesures depuis le milieu des années 80, la réduction des risques a largement démontré ses impacts positifs sanitaires et sociaux. Les SCMR, outils utiles et singuliers de cette politique de santé publique sont au nombre d’une centaine dans le monde. Elles ont à leur actif une amélioration prouvée des indicateurs de santé de leurs usagers et la réduction des nuisances générées par les consommations dans l’espace public. Elles constituent un des maillons d’une prise en charge de tous les usagers de drogue, et en particulier des plus désinsérés, laissés au bord du chemin, abandonnés à leurs pratiques de désespoir.

Et c’est aussi un message politique que porte la SCMR : dans notre ville, dans notre société, nous ne voulons abandonner personne. Dans une France dénaturée par la poussée des idéologies de la stigmatisation, du rejet et de la division, nous voulons faire vivre les valeurs de solidarité et d’humanisme. Personne ne saurait en être exclu.

Ainsi la SCMR porte ce message d’une attention portée tant aux usagers de la salle qu’à ses riverains. Les uns ont droit à ce que notre système de santé leur tende la main, les autres celui de vivre dans un quartier plus tranquille et plus apaisé.

Notre politique de santé prend soin de tous, sans préjugés ni exclusion.

Bernard Jomier

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C’est le nombre de litres d’air que respire un enfant chaque jour, comme rappelé en marge des Respirations, conférence consacrée à la qualité de l’air dont l’édition 2016 s’est déroulée ce mardi 15 novembre. Toute la question est de savoir si l’air en question est toxique (comme pour 300 millions d’enfants dans le monde) ou potable.

Les Respirations ont ainsi été l’occasion de rappeler les grands axes de la politique parisienne de lutte contre la pollution, notamment avec la fermeture des voies sur berges de la rive droite effective depuis la rentrée scolaire. Elles ont également permis de revenir sur le GUAPO, projet d’observatoire mondiale de la qualité de l’air en ville, porté par la Maire de Paris avec la métropole du Grand Paris et dont les contours sont aujourd’hui en cours d’examen. Visant à réunir de nombreuses villes à travers la planète, construit en concertation avec l’OMS, le GUAPO devrait permettre tout à la fois la récolte de données, l’échange de bonnes pratiques et la conception d’outils d’aide à la décision pour les municipalités soucieuses d’améliorer et protéger la qualité de l’air respiré par leurs habitants.

Pour en savoir plus :

Site des Respirations : http://www.lesrespirations.org/

 

Je suis médecin. Je suis élu chargé de la santé. Et aujourd’hui je suis fier.

Billet initialement publié le 26/9/2016, à l’issue du vote par le Conseil de Paris de la piétonisation des voies sur berges de la rive droite de la Seine.

Je suis médecin. Avant d’être élu, et depuis plus de 20 ans, je suis médecin généraliste, installé dans un quartier populaire du nord-est de Paris, à proximité du périphérique et d’ilots d’immeubles dont beaucoup ont été longtemps le théâtre de très nombreux cas de saturnisme.

Et comme pour le saturnisme, comme dans les années 1990, une partie des responsables politiques choisissent délibérément aujourd’hui d’ignorer un problème sanitaire majeur, touchant d’abord les plus fragiles de notre société. La différence, c’est que ce déni était à l’époque au pouvoir à Paris, alors qu’aujourd’hui il se retrouve dans l’opposition municipale : maigre consolation si l’on s’arrête au caractère hallucinant de certains discours et au mal qu’ils font au débat public, mais consolation bien plus grande si l’on considère que ce renversement permet bel et bien d’agir.

Comme le souligne un article paru ce jour dans Mediapart, les « morts de la pollution » sont difficiles à identifier, tant les pathologies qu’elle cause sont nombreuses et complexes, mais on les compte par milliers à Paris et dans sa région et par dizaines de milliers en France. La pollution rend malade, la pollution tue, elle est causée dans la capitale principalement par le trafic automobile ; le réduire lui, c’est la réduire mécaniquement, tout projet allant dans ce sens devrait donc susciter l’assentiment général. C’est pourtant à un spectacle bien différent qu’on a pu assister aujourd’hui, avec les interventions en Conseil de Paris d’élus de droite dont tous versèrent dans la caricature au nom de la défense de l’immobilisme — et dont beaucoup allèrent jusqu’à l’obscénité, au nom d’on ne sait quoi.

Un tel comportement me paraît inacceptable. Un tel comportement me scandalise.

Mais l’essentiel, heureusement et en dépit de ces mauvaises polémiques, est bien que le Conseil de Paris a voté à une large majorité en faveur de la piétonisation des berges de la rive droite de la Seine.

Celle-ci est donc désormais bel et bien effective.

Des mesures de l’évolution de la qualité de l’air, du bruit, des reports — mais aussi et surtout de l’évaporation, n’en déplaise à certains — du trafic seront réalisées. Elles permettront de confirmer le bien-fondé d’une mesure par laquelle Paris s’inscrit dans un mouvement général et partagé au niveau mondial : celui d’une ville plus favorable à ses habitants, moins à ses moteurs. Plus favorable à la santé de tous, moins au confort de quelques-uns. Ce n’est bien sûr qu’une étape parmi d’autres, qui s’inscrit dans une stratégie globale et concerne l’ensemble du territoire parisien, et au-delà, comme l’ont rappelé de nombreux élus de Seine Saint-Denis le week-end dernier; il était toutefois, primordial de l’atteindre.

C’est évidemment une fierté en tant qu’élu parisien. C’en est une, aussi, en tant que médecin, Adjoint à la Maire de Paris chargé de la santé.

 

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Réduction de la place de la voiture en ville, lutte contre la pollution : carte non exhaustive de l’actions des villes à travers le monde

La politique de réduction de la place de la voiture en ville poursuivie par Paris, au profit de la lutte contre la pollution et d’une nouvelle manière de vivre, d’organiser et d’habiter la Ville, s’inscrit dans un mouvement global. En voici quelques illustrations à travers le monde, sans prétendre – loin s’en faut – à l’exhaustivité.

(Cliquez ici si la carte interactive ne s’affiche pas correctement)

IMAGINE

Claude Griscelli, éminent chercheur, pédiatre et immunologiste, ancien Adjoint au Maire de Paris en charge de la santé, a quitté la Présidence du Conseil d’administration de l’Institut Imagine qu’il avait créé en 2007 et que dirige le Professeur Stanislas Lyonnet. En tant qu’Administrateur de l’Institut, dont la Ville est l’une des institutions fondatrices aux côtés de l’APHP, de l’Inserm, de l’Université Paris Descartes, de l’AFM-Téléthon et de la Fondation Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France, je me réjouis de l’élection du pédiatre et généticien Arnold Munnich pour lui succéder et lui adresse toutes mes félicitations.

Pour en savoir plus :

Site de l’Institut Imagine, Institut des maladies génétiques.

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Un mois après son ouverture, la SCMR parisienne utile aux usagers comme aux riverains

S’il est encore trop tôt pour en dresser un bilan exhaustif, la salle de consommation à moindre risque parisienne se révèle d’ores et déjà utile aux usagers comme aux riverains, un mois après son ouverture :

– Sa montée en charge progressive mais bien anticipée démontre que le dispositif d’accompagnement médical et social qu’elle comprend, très sollicité par les usagers (entre 110 et 120 usagers à ce stade chaque jour), a été tout à fait correctement conçu. Sa mise en place est en parfaite cohérence avec les objectifs de santé publique poursuivis.

– La  coopération sur le terrain des différents acteurs impliqués (association Gaïa, services de la ville et de la Mairie du 10ème arrondissement, appui médical, Police et préfecture), nécessaire à la réussite de l’expérimentation, se fait dans d’excellentes conditions.

– L’installation de la SCMR, au-delà de la création d’un lieu au service de ses usagers, permet également l’identification pour les riverains d’interlocuteurs qualifiés et disponibles pour répondre à leurs inquiétudes, dialoguer, expliquer la politique de réduction des risques voire intervenir grâce à leurs maraudes là où cela s’avère le plus nécessaire.

L’espace Gaïa semble bel et bien s’installer comme élément contributif de la tranquillité publique dans le quartier.

Pour aller plus loin :

Voir l’article dans Le Monde en cliquant ici.

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Les Assises parisiennes de la santé dans leur dernière ligne droite

Les deux derniers grands débats des Assises parisiennes de la santé se sont déroulés le 15/11, en Mairie du 9ème arrondissement et le 18/11 en Mairie du 14ème arrondissement, respectivement sur les problématiques de handicap et perte d’autonomie et sur les violences faites aux femmes. De nombreux autres événements se sont par ailleurs déroulés tout au long des derniers mois, les rencontres encore prévues en cette fin d’année 2016 devant notamment porter sur l’endométriose, les troubles du sommeil, ou encore la santé des migrants.

L’évènement de clôture de ce long processus de concertation se déroulera à l’Hôtel de Ville de Paris le 20 février prochain, en présence de la Maire et beaucoup y ayant contribué. Il sera l’occasion de présenter un « Cahier des acteurs » synthétisant l’ensemble des propositions et permettant de préciser l’avenir de la politique de santé parisienne, en lien notamment avec l’élaboration d’un Contrat local de santé.

 

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Les Conseils territoriaux de santé, un pas encore insuffisant vers la démocratie en santé

Extrait de la « chronique juridique » publiée dans le numéro d’octobre 2016 de la revue Territoire & Santé

La mise en place des conseils territoriaux de santé veut répondre à un besoin dont l’existence est unanimement reconnue : celui de mieux faire dialoguer, sous une forme renouvelée, les acteurs de santé d’un même territoire. L’intention est donc louable et il faut espérer que l’on pourra en tirer le meilleur parti possible.

On peut toutefois regretter que cette intention ne parcourt qu’une partie du chemin ; car la concertation que l’on cherche à rendre ainsi possible est loin d’être achevée. La place réservée aux différents intervenants au sein de cette instance ne permet pas d’instaurer une réelle démocratie en santé, pourtant nécessaire tant en termes d’expertise partagée, pour cerner au mieux les besoins des territoires, que d’élaboration et d’appropriation par chacun des outils à déployer.

Sans doute faudra-t-il donc, dans un avenir pas si lointain, pousser plus loin encore la logique.

Pour aller plus loin :

loi no 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé,  en particulier son article 158 

– Décret no 2016-1024 du 26 juillet 2016 relatif aux territoires de démocratie sanitaire, aux zones des schémas régionaux de santé et aux conseils territoriaux de santé

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